Située au sud de la Sarthe, la commune de Clermont-Créans occupe une position stratégique le long de la RN23, axe majeur reliant Paris à Nantes. Cette route structurante place la commune sur un couloir de circulation essentiel, notamment en direction de La Flèche, sous-préfecture, et du Mans, préfecture du département, deux pôles administratifs majeurs du territoire. Dès l’Occupation, cette proximité avec un axe aussi fréquenté facilite à la fois les déplacements militaires et les activités clandestines. Plusieurs jeunes habitants de la commune intègrent le réseau de résistance « Hercule Buckmaster ». Leur engagement les conduit à être arrêtés par la Gestapo, puis déportés. En 1944, alors que la situation militaire se dégrade pour l’Allemagne, la RN23 devient un axe de repli puis de progression pour les forces alliées. Les troupes en retraite laissent derrière elles un climat de violence : des civils sont assassinés au lieu-dit "Les Belles Ouvrières". Dans le même temps, la route voit défiler les colonnes alliées en direction de Paris, qui deviendra symboliquement la « Voie de la Liberté ».
En 1943, la pression allemande s’intensifie à Clermont-Créans. Le Service du travail obligatoire (STO) est mis en place, entraînant le départ forcé de nombreux jeunes Sarthois vers l’Allemagne, tandis que les réquisitions et la répression s’accentuent. Dans ce contexte de tension croissante, la Résistance se structure et gagne en importance sur le territoire. Plusieurs jeunes Clermontois s’engagent alors dans la clandestinité en rejoignant le réseau « Hercule Buckmaster », qui s’organise progressivement et renforce ses actions de renseignement et de liaison, malgré une surveillance toujours plus stricte de l’occupant.
En 1944, l’espoir de la Libération gagne la commune de Clermont-Créans, notamment après le Débarquement de Normandie. La répression s’intensifie : la Gestapo traque les derniers résistants, entraînant arrestations, déportations et démantèlement du réseau Hercule Buckmaster. Dans le même temps, la Sarthe subit de violents bombardements, tandis que les combats, les mouvements de troupes et les actions de résistance se multiplient. Dans ce contexte, la commune est directement marquée par les conséquences de la retraite allemande. Des civils sont assassinés par des soldats en repli, aux "Belles Ouvrières", illustrant la violence des derniers combats sur le territoire. Par ailleurs, la RN23 devient un axe majeur de circulation des forces alliées en progression vers le nord, axe qui sera désigné comme la « Voie de la Liberté ». L’avancée des Alliés durant l’été conduit à la Libération progressive du territoire, non sans destructions et pertes humaines.
8 août 1944 : trois civils de Clermont-Créans sont abattus près des Belles-Ouvrières par des soldats allemands en retraite. Une stèle commémore ce drame.
Août 1944 : le soldat américain Robert Moffat Latimer est accueilli chaleureusement par les habitants de Clermont-Créans. Deux jours d’échanges et de partage après la Libération.