Située au sud-ouest de la Sarthe, à proximité de Sablé-sur-Sarthe, Juigné-sur-Sarthe et Parcé-sur-Sarthe, Solesmes occupe une position stratégique sur un axe secondaire reliant Le Mans à Laval, un itinéraire présentant un intérêt pour les troupes allemandes durant l’Occupation. La commune est marquée par la présence de sa célèbre abbaye, qui domine la ville au bord de la Sarthe. Son territoire est également structuré par deux ouvrages essentiels de franchissement : un pont routier et un viaduc ferroviaire, des infrastructures importantes pour les déplacements et les communications en temps de guerre.
En 1944, Solesmes vit les derniers mois de l’Occupation dans un climat de tension croissante. Alors que le régime de Vichy poursuit encore son action sous l’autorité du préfet Lucien Porte, la guerre se rapproche du bourg après le Débarquement. Le pont de Solesmes, passage stratégique entre Juigné et Sablé-sur-Sarthe, devient alors un objectif militaire : visé sans succès par un bombardement allié le 28 juin, il est finalement détruit par les troupes allemandes le 7 août 1944 afin de ralentir l’avancée ennemie. Quelques jours plus tard, avec la Libération de la Sarthe, l’administration de Vichy s’effondre : Lucien Porte est révoqué et interné à l'abbaye, symbole d’un ordre politique désormais en pleine disparition.
En août 1944, le pont de Solesmes, axe stratégique entre Juigné et Sablé-sur-Sarthe, devient un objectif militaire majeur : visé sans succès par un bombardement allié le 28 juin, il est finalement détruit par les sapeurs allemands le 7 août, un épisode important de la Libération du secteur.
Vue depuis l’autre rive sur le pont de Solesmes après sa destruction par les troupes allemandes le 7 août 1944 : une arche effondrée dans la rivière témoigne de la volonté de ralentir l’avancée alliée en coupant cet axe stratégique entre Juigné et Sablé-sur-Sarthe.
Nommé préfet de la Sarthe en 1943, Lucien Porte applique la politique de Vichy, notamment les mesures antisémites ayant conduit à l’arrestation et à la déportation de 67 Juifs sarthois. Révoqué à la Libération en août 1944, puis interné, il est jugé dans le cadre de l’épuration avant d’être finalement acquitté en 1948 par la cour d’Amiens.