La commune de Mulsanne occupe une position stratégique au sud du Mans. Son histoire durant la Seconde Guerre mondiale est indissociable de son infrastructure majeure : le camp de Mulsanne (lire l'article). Ce lieu, par ses changements de fonctions successifs, reflète parfaitement la tragédie et la complexité de l'Occupation en Sarthe. Initialement mis en place pour accueillir les troupes britanniques alliées stationnées dans le département, ce camp est évacué en toute urgence lors de l'arrivée de l'armée allemande en juin 1940. Durant les quatre années d'Occupation qui suivent, le quotidien des habitants est bouleversé par les réquisitions, le rationnement et une surveillance renforcée en raison de la proximité des grands axes de circulation. Le camp de Mulsanne change plusieurs fois de destination sous l'autorité de l'occupant, servant tour à tour aux prisonniers de guerre puis à l'internement de populations civiles, tout en restant un lieu de détention fermé jusqu’à la Libération en août 1944. À cette date, la ville retrouve enfin sa liberté avec l'arrivée des troupes alliées, et le camp change alors de rôle pour servir à l'enfermement des officiers allemands.
En 1940, la commune de Mulsanne est directement touchée par les événements liés à la Bataille de France. Jusqu’au mois de juin, des troupes britanniques sont installées dans le camp de Mulsanne, participant à l’organisation de la défense face à l’avancée allemande. Mais avec la progression rapide des forces ennemies, ces unités sont contraintes de se replier précipitamment. Après la défaite française, les troupes allemandes s’installent dans la région, entraînant les premières réquisitions de bâtiments et de logements. Le camp de Mulsanne est alors réutilisé par l’occupant et transformé en camp de prisonniers français, connu sous le nom de Frontstalag 203. La population assiste ainsi à la mise en place progressive de l’Occupation et au renforcement du contrôle du territoire, tandis que la proximité du Mans accentue les mouvements de troupes dans le secteur.
Cette fiche retrace l’installation du camp militaire britannique à Mulsanne en 1939, puis son abandon précipité lors de la Bataille de France. Elle met en lumière la transformation du site après l’arrivée des troupes allemandes en juin 1940, marquant le début de son utilisation comme lieu de détention dans le contexte de l’Occupation en Sarthe.
Prisonniers de guerre français au camp de Mulsanne (Frontstalag 203) en 1940, devant les baraques du camp sous occupation allemande.
Cette fiche retrace la mise en place du Frontstalag 203 à Mulsanne dès juin 1940, après l’arrivée des troupes allemandes. Elle présente l’organisation du camp, l’internement de milliers de prisonniers de guerre, notamment des soldats coloniaux, et illustre les conditions de détention durant l’Occupation en Sarthe.
Cette fiche détaille les conditions de détention au Frontstalag 203 de Mulsanne entre 1940 et 1941. Elle met en lumière la précarité du quotidien des prisonniers, leur utilisation dans les kommandos agricoles et le transfert progressif des internés vers l’Allemagne à partir de 1941.
En 1941, l’Occupation allemande s’installe durablement à Mulsanne. Les habitants doivent faire face aux restrictions alimentaires et au rationnement, qui deviennent une réalité quotidienne. Les autorités allemandes renforcent leur présence et organisent plus strictement la surveillance de la population. Durant cette période, le camp de Mulsanne connaît également une nouvelle évolution : il passe sous administration française, placé sous contrôle de la gendarmerie. Il est alors utilisé comme lieu d’internement pour des populations dites “nomades”, notamment des familles tsiganes, dans le cadre des politiques de contrôle et de regroupement mises en place par le régime de Vichy. La vie locale s’adapte à ces nouvelles contraintes, dans un climat de tension mais encore relativement stable sur le plan militaire.
Cette fiche retrace la transformation du camp de Mulsanne en centre d’internement pour familles tsiganes entre 1941 et 1942, sous administration française. Elle met en lumière les conditions de vie précaires, la diversité des internés et leur transfert vers Montreuil-Bellay, dans le contexte des politiques d’exclusion durant l’Occupation en Sarthe.
En 1942, l’Occupation allemande se durcit à Mulsanne. Les habitants continuent de subir les restrictions alimentaires, le rationnement et une surveillance de plus en plus stricte. Dans ce contexte, le camp de Mulsanne évolue à nouveau dans son usage. Il est transformé en camp de transit et devient un lieu de passage pour certaines familles juives arrêtées en Sarthe (lire l'article), avant leur transfert vers des centres de regroupement comme Drancy, Seine-Saint-Denis, puis leur déportation vers des camps d’extermination tels qu’Auschwitz-Birkenau. Parallèlement, la pression exercée par les autorités allemandes et le régime de Vichy s’intensifie sur la population locale, dans un climat de contrôle renforcé et de peur croissante.
Cette fiche retrace les rafles de juillet et octobre 1942 en Sarthe, dans le contexte de la Rafle du Vél’ d’Hiv, et le rôle du camp de Mulsanne comme lieu de regroupement temporaire des personnes arrêtées. Elle met en lumière les transferts vers Angers puis Drancy, avant les déportations vers Auschwitz dans le cadre de la persécution des populations juives en France occupée.
En 1944, la situation évolue rapidement à Mulsanne avec l’intensification des combats et l’approche de la Libération. Après les années d’Occupation allemande, la région connaît une forte activité militaire liée aux opérations de repli et aux affrontements avec les forces alliées. Le camp de Mulsanne connaît alors une nouvelle transformation majeure : il est réaffecté par les autorités et devient un camp de prisonniers allemands, principalement destiné à l’internement d’officiers. Il prend alors le nom de PW401. Cette évolution s’inscrit dans le contexte plus large de la Libération de la Sarthe, marquée par le recul des troupes allemandes et la reprise progressive du territoire par les forces alliées et les réseaux de résistance.
Cette fiche retrace la réutilisation du camp de Mulsanne à la Libération en 1944, lorsqu’il devient un centre de détention pour prisonniers de guerre allemands capturés en France. Elle met en lumière les conditions de vie difficiles, la gestion successive du site par les forces alliées puis françaises, ainsi que le démantèlement définitif du camp en 1947.
Groupe de prisonniers de guerre allemands dans la cour du camp PW401 de Mulsanne en hiver 1945-1946 – camp de détention après la Libération en Sarthe.