Située au nord-est du département de la Sarthe, à la limite de l’Orne, Mamers occupe une position importante dans le paysage local. Sous-préfecture et centre administratif du secteur, elle se trouve à proximité de la forêt de Perseigne et du village de Saint-Rémy-du-Val, sur un axe de circulation reliant notamment Mamers à Alençon. Cette situation géographique lui confère, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, un intérêt certain pour les forces en présence. En juin 1940, lors de l’avancée des troupes allemandes, Mamers subit de violents bombardements qui marquent durablement la population et le paysage urbain. Quelques semaines plus tard, en juillet 1940, le député de la circonscription, Bernard Caillard d’Aillières (lire l'article), vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, participant ainsi à la mise en place du régime de Vichy et à la fin de la Troisième République. Dans ce contexte de défaite et d’occupation, les troupes allemandes prennent possession de la ville pour une durée de quatre années. Mamers devient alors un centre administratif local pour l’occupant, avec l’installation de la Kommandantur rue du Docteur Godard, symbole visible de l’autorité allemande et du contrôle exercé sur la population.
Le 14 juin 1940, Mamers est durement touchée par les combats liés à l’avancée allemande. Environ 160 bombes sont larguées sur la ville, provoquant d’importants dégâts matériels, une victime et plusieurs blessés parmi la population. Ce bombardement marque brutalement l’entrée de la commune dans la guerre. Dans les semaines qui suivent, l’armée allemande s’installe durablement à Mamers. La Kommandantur prend place rue du Docteur Godard pour une durée de quatre années. Véritable centre de commandement local de l’occupant, elle organise la présence militaire, fait appliquer les ordres, supervise les réquisitions et contrôle la population du secteur. Parallèlement, la situation politique française connaît un bouleversement majeur. En juillet 1940, le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain met fin à la Troisième République et ouvre la voie au régime de Vichy. Pour les habitants de Mamers, cette décision marque le début d’une nouvelle période faite de contraintes, d’occupation étrangère et de profondes incertitudes.