Située au nord-est du Mans, la commune de Saint-Aignan est un territoire rural marqué par l’éloignement des grands axes de communication, ce qui contribue à son relatif isolement durant la période de 1940 à 1944. Proche des communes de Courcival, Courcemont et Bonnétable, elle évolue dans un environnement essentiellement agricole où la vie quotidienne est fortement influencée par les contraintes de l’Occupation, entre présence allemande, réquisitions et surveillance accrue, malgré son éloignement des grands axes routiers et ferroviaires.
À partir de l’été 1944, alors que les forces alliées progressent rapidement après le Débarquement de Normandie, la région du nord de la Sarthe est progressivement libérée et voit la fin de l’Occupation allemande. Dans ce contexte d’effondrement des positions allemandes et de retrait vers l’est, Saint-Aignan voit son environnement immédiat évoluer avec la reprise du contrôle du territoire par les forces alliées. Comme dans plusieurs secteurs ruraux du département, l’espace est alors réorganisé pour répondre aux besoins militaires de la poursuite des opérations : un terrain d’aviation américain y est mis en place afin de soutenir les unités engagées dans l’avancée vers l’est de la France, permettant notamment des missions de liaison, de ravitaillement et d’appui logistique.
À partir du mois d’août 1944, dans le contexte de la Libération et de l’avancée des forces alliées en Sarthe, un terrain d’aviation américain est aménagé sur la commune de Saint-Aignan, connu sous le nom de code « A-44 Peray ». Rapidement opérationnelle, la piste accueille des chasseurs P-38 Lightning du 367ᵉ Fighter Group chargés de missions de sécurisation du front, puis, à partir du 4 octobre, des avions de transport C-47 Dakota du 442ᵉ Troop Carrier Group assurant le ravitaillement et le transport de troupes jusqu’à la fin de l’occupation du site le 11 novembre 1944.