Située au nord-ouest de la Sarthe, la commune de Conlie occupe une position stratégique entre Le Mans et Sillé-le-Guillaume, à proximité de Domfront-en-Champagne. Desservie par des voies routières importantes et par la ligne ferroviaire reliant Le Mans à l’ouest du département, la commune constitue durant la Seconde Guerre mondiale un point de passage et d’accueil dans un territoire rural bien desservi. En 1940, lors de l’Exode consécutif à l’offensive allemande, Conlie voit affluer de nombreux réfugiés venus notamment de la région parisienne. Parmi eux se trouvent des anonymes cherchant à fuir les combats et les bombardements, mais aussi des figures plus inattendues, comme deux coureurs cyclistes venus s’y entraîner afin d’échapper aux contraintes et aux dangers d’un Paris occupé. Très tôt, le territoire s’inscrit également dans les premiers réseaux de Résistance. La présence d’André Pioger, engagé dès les débuts dans le Réseau Century Sussex, témoigne de cette implication précoce dans la lutte clandestine contre l’occupant. Mais comme ailleurs, les années d’Occupation sont aussi marquées par le durcissement de la politique du Régime de Vichy, notamment à l’égard des populations juives. À Conlie, cette réalité se traduit tragiquement par l’arrestation d’un jeune enfant juif, avant sa déportation, rappelant que même les communes rurales sont touchées par la répression et les persécutions.
En 1941, la vie s’organise sous l’Occupation à Conlie, dans un climat encore relativement stable en apparence. Située en zone rurale, la commune reste à l’écart des grands bouleversements des villes, ce qui permet à certains de s’y installer ou de s’y replier temporairement. C’est le cas de deux coureurs cyclistes venus de la région parisienne, qui choisissent Conlie pour s’entraîner, loin d’un Paris occupé et sous tension. Dans ce contexte, les premiers engagements dans la Résistance commencent aussi à apparaître, souvent de manière discrète. Originaire de Conlie, André Pioger s’engage très tôt dans la lutte clandestine. S’il développe surtout ses activités de résistant au Mans et dans une partie plus large de la Sarthe, son parcours montre que ces engagements prennent souvent racine dans des attachements locaux. Ainsi, l’année 1941 marque à Conlie une période encore calme en surface, mais où commencent à se dessiner, en arrière-plan, les premiers signes de la guerre et de la Résistance.
Sous l’Occupation, les lois antijuives mises en place par le régime de Régime de Vichy excluent progressivement les Juifs de la société française et facilitent les arrestations. Moritz est un jeune Juif qui a fait ses études à Conlie avant la guerre. Il y revient ensuite pour travailler dans une ferme. C’est là qu’il est arrêté pendant l’Occupation. Déporté vers les camps nazis, il meurt à Auschwitz à l’âge de 17 ans. Son histoire rappelle que les persécutions ont touché aussi les petites communes rurales, loin des grands centres urbains.