Vion sous l'Occupation 1940-1944


Vion est située au sud-ouest du Mans, proche des villes de Sablé-sur-Sarthe, Précigné et Malicorne-sur-Sarthe. La commune est traversée par l'axe secondaire reliant La Flèche à Laval, un itinéraire qui comme beaucoup d'autres routes sarthoises a été marqué par les réalités de l'Occupation entre 1940 et 1944. Durant cette période la vie quotidienne à Vion fut rythmée par la présence de l'occupant, les restrictions, les réquisitions et le passage régulier des troupes allemandes sur ces axes de communication stratégiques. Ce territoire, à l'image du reste du département, fut aussi un lieu de résistance clandestine.

1940 : Vion, sous l'Occupation allemande

Juin 1940, l'arrivée des troupes allemandes sur l'axe La Flèche-Laval place Vion sous le régime de l'Occupation. Ce basculement bouleverse les repères de la vie locale, imposant aux habitants la réalité des réquisitions et le contrôle des autorités occupantes.

Dans ce contexte, le quotidien est marqué par des choix individuels. Des figures locales, comme le receveur des postes ou l'institutrice du village, se trouvent confrontées à une nouvelle autorité qu'ils refusent. Leurs positions au sein de l'administration et de l'école, deviennent des points de résistance face aux contraintes imposées.

Le résistant Paul Georget

Receveur des PTT à Vion, Paul Georget s'engage très tôt dans la Résistance. Membre de la filière d'évasion du réseau Butler, il participe au sauvetage de plusieurs aviateurs alliés, dont les trois survivants américains du B-17 The Mugger, abattu au-dessus de Malicorne-sur-Sarthe le 4 juillet 1943. 

"Fiche historique consacrée à Paul Georget, résistant de Vion engagé dans le réseau Butler et le sauvetage des aviateurs américains du B-17 The Mugger.".
Paul Georget, résister dès les premiers jours de l'Occupation

1943 : la Résistance s'organise à Vion

L'année 1943 marque un tournant dans la Résistance à Vion. Déjà engagé dans la lutte clandestine depuis 1940, le receveur des Postes Paul Georget voit son action renforcée par celle de sa voisine, Henriette Labussière, institutrice du village. Déjà impliquée dans le réseau d'évasion Shelburn, elle rejoint en juin 1943 le réseau Buckmaster, au sein du circuit Sacristain. Ensemble, les deux résistants jouent un rôle déterminant dans la protection et l'évasion de trois aviateurs américains du B-17 The Mugger, abattu au-dessus de Malicorne-sur-Sarthe le 4 juillet 1943. Mais l'intensification de la lutte clandestine entraîne aussi une répression plus sévère. Le 17 décembre 1943, Henriette Labussière est arrêtée par la Gestapo dans sa salle de classe, sous les yeux de ses élèves, avant d'être déportée au camp de concentration de Ravensbrück.

La résistante Henriette Labussière

Henriette Labussière institutrice à Vion, elle était membre des réseaux Buckmaster et Shelburn (évasions), elle participa au sauvetage des aviateurs américains du B-17 The Mugger avant d'être arrêtée, puis déportée à Ravensbrück et enfin rapatriée en France en 1945.

"Henriette Labussière, institutrice à Vion et résistante sarthoise, membre des réseaux Buckmaster et Shelburn durant l'Occupation, déportée à Ravensbrück après avoir aidé des aviateurs alliés du B-17 The Mugger."
Henriette Labussière, une institutrice au service de la Résistance