Située à l’est du Mans, sur l’axe stratégique de la route de Paris et à proximité de La Ferté-Bernard, la commune de Connerré occupe une position clé durant la Seconde Guerre mondiale. Ce carrefour de circulation en fait un point de passage essentiel pour les troupes allemandes, qui y installent des postes de contrôle permanents afin de surveiller les flux en direction du Mans. Cette importance stratégique expose directement la commune aux opérations militaires. En 1944, la gare de Connerré devient une cible privilégiée des bombardements et mitraillages alliés, dans le but de couper la « route de Paris » et d’isoler les forces allemandes engagées en Normandie. Parallèlement, le secteur se distingue par une Résistance soutenue, s’inscrivant dans les réseaux locaux de lutte contre l’Occupation. La commune est également marquée par des événements notables, comme le crash d’un avion sur son territoire et la visite de l’amiral Darlan, figure majeure du régime de Vichy. Connerré incarnait ainsi un territoire fortement exposé pendant cette sombre période.
En 1941, l’Occupation allemande s’installe durablement à Connerré. La présence ennemie s’organise tandis que la répression commence à se faire sentir. La population doit faire face aux restrictions, au rationnement et à une surveillance accrue. L’administration locale s’adapte aux contraintes imposées par l’occupant et par le régime de Vichy, alors dirigé par le maréchal Pétain, au sein duquel l’amiral François Darlan occupe une place centrale comme vice-président du Conseil et principal artisan de la politique de collaboration. Cette même année, la commune est marquée par la visite de l’amiral Darlan, illustrant l’importance du territoire dans l’organisation administrative et politique du régime. Dans ce contexte, les premières formes de résistance apparaissent encore timidement, face à un contrôle de plus en plus affirmé.
En 1944, l’espoir de la Libération gagne la commune de Connerré, notamment après le Débarquement de Normandie. La répression s’intensifie : la Gestapo traque les résistants, entraînant arrestations, déportations et démantèlement de réseaux clandestins. Dans le même temps, la Sarthe subit de violents bombardements, tandis que les combats, les mouvements de troupes et les actions de résistance se multiplient. Le territoire est également marqué par des événements aériens : une collision entre deux chasseurs américains P-51 Mustang survient au-dessus de la commune. L’un des aviateurs parvient à échapper aux recherches allemandes et est pris en charge puis caché par le réseau local de résistance, illustrant la solidarité et l’engagement des habitants. L’avancée des Alliés durant l’été conduit à la Libération progressive du secteur, non sans destructions ni pertes humaines.