Située au nord-ouest de la Sarthe, à la limite de la Mayenne, Mont-Saint-Jean est une petite commune proche de Sillé-le-Guillaume, Sougé-le-Ganelon et Assé-le-Boisne. Elle se trouve près d’un axe routier reliant Le Mans à Fougères. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette route est très importante. Elle permet de relier le centre de la France, notamment Paris, aux ports de Bretagne comme Brest, Lorient et Saint-Nazaire. Pour l’armée allemande, c’est une voie essentielle pour transporter du matériel, ravitailler les bases de sous-marins (U-Boote) et soutenir les troupes chargées de défendre le Mur de l’Atlantique. Pendant l’Occupation, la commune connaît une activité résistante importante. Mais cette présence entraîne aussi des représailles de la part des Allemands, surtout dans les semaines qui précèdent la Libération.
Pendant l’Occupation, Mont-Saint-Jean devient un point important de la Résistance dans le nord de la Sarthe. Un terrain de parachutage, appelé « Ouragan », y est utilisé pour recevoir des armes, du matériel et parfois des agents envoyés par les Alliés. De nombreuses opérations y sont organisées, souvent en lien avec un autre terrain proche, nommé « Haine » à Assé-le-Boisne. Ces actions permettent de soutenir les groupes résistants du secteur et de préparer la Libération. La Résistance locale s’appuie sur un petit réseau d’une dizaine de personnes. Parmi elles, la famille Lefèvre, père et fils, joue un rôle actif dans l’organisation et le déroulement des opérations.
En 1944, le terrain de parachutage « Ouragan » est utilisé pour une opération marquante. Une agente française du BCRA y est parachutée : Jeanne Bohec, connue sous les pseudonymes « Râteau » ou « Micheline ». Spécialiste du sabotage, elle est la seule femme instructrice dans ce domaine au sein de la Résistance française. Sa mission consiste à former les groupes locaux aux techniques de sabotage, notamment contre les voies de communication utilisées par l’armée allemande.
Jeanne Bohec, résistante française et unique femme instructrice en sabotage formée à Londres, est parachutée en février 1944 pour former les groupes de résistants. Son action dans la Sarthe et les régions voisines prépare le succès des sabotages du Plan Vert avant le Débarquement.