Saint-Ouen-en-Belin sous l'Occupation 1940-1944


Située au sud du Mans, au carrefour des communes d’Yvré-le-Polin, Château-l’Hermitage et Écommoy, Saint-Ouen-en-Belin occupe une position dans le paysage sarthois, ancrée le long de l'axe historique reliant Le Lude à la cité mancelle. Elle fut durant les années sombres de l’Occupation un maillon essentiel d’une solidarité silencieuse et courageuse. Dans l'ombre des fermes et des foyers, des réfugiés et de nombreux enfants furent cachés pour échapper aux persécutions, faisant du village une terre d'asile invisible. 

1942 : la solidarité au cœur des bois de Saint-Ouen-en-Belin

En 1942, alors que le régime de Vichy durcit sa politique, Saint-Ouen-en-Belin devient un carrefour de sauvetage. À l'écart du bourg, la ferme de la Fredonnière, isolée dans les bois vers Château-l'Hermitage, sert de refuge à des familles, rescapées des différentes rafles. Sous l'impulsion de la famille Landeau, ce site caché en forêt devient une plaque tournante de l'entraide locale, permettant la protection et le transit de plus de 80 enfants juifs vers les communes voisines de Sarthe.

Les enfants cachés à la Fredonnière

En 1942, après avoir fui la rafle du Vel’ d’Hiv, les frères Ansiten trouvent refuge à Saint-Ouen-en-Belin. Sous l'identité des frères Cosset, ils sont protégés par la famille Landeau à La Fredonnière. Ce foyer devint une plaque tournante sauvant plus de 80 enfants juifs en Sarthe.

"Les enfants cachés dans la ferme des Landeau, 1942-1944"
Les enfants cachés dans la ferme des Landeau, 1942-1944

1943 : l'étau de Vichy et la répression

Si l'année 1942 fut celle d'une solidarité clandestine à Saint-Ouen-en-Belin, 1943 marque le durcissement impitoyable de la justice sur le territoire. L’application de la politique familiale du régime de Vichy ne se limite plus à la promotion de la natalité mais elle se transforme en une machine répressive mortelle pour ceux qui bravent ses interdits moraux et législatifs. L'affaire Désiré Piogé incarne cette violence : cet habitant est arrêté pour avortements clandestins, désormais qualifiés de « manœuvres antinatalistes ». Jugé par le Tribunal d'État, il est condamné à la peine capitale.

Condamné à mort pour avortements

En 1943, Désiré Piogé, habitant de Saint-Ouen-en-Belin, est condamné à mort par le Tribunal d’État de Vichy. Accusé de « manœuvres antinatalistes » pour avortements clandestins, son exécution illustre la répression brutale de la politique familiale et nataliste du régime.

"Affaire Piogé – condamnation à mort d’un avorteur récidiviste en Sarthe sous l’Occupation, répression des avortements clandestins, justice du régime de Vichy, Tribunal d’État, politique antinataliste, histoire locale de Saint‑Ouen‑en‑Belin"
Condamné à mort pour avortements clandestins sous Vichy : l’affaire Désiré Piogé - 1943