Située au sud de la Sarthe, dans la vallée du Loir, sur un axe important reliant Le Mans à Tours, La Chartre-sur-le-Loir occupe une position stratégique durant la Seconde Guerre mondiale. Dès 1940, la commune accueille de nombreux réfugiés fuyant la capitale et l’avancée allemande. Sous l’Occupation, un réseau de résistance local lié à l’OCM s’y développe, participant aux actions clandestines dans le secteur. La population est également touchée par la violence des combats, notamment lors du mitraillage d’un train qui fait des victimes civiles. En 1944, la commune est libérée par des parachutistes belges du SAS, marquant la fin de l’Occupation.
En 1941, l’Occupation allemande s’installe durablement à la Chartre sur le Loir. La présence ennemie s’organise tandis que la répression commence à se faire sentir. La population doit faire face aux restrictions, au rationnement et à une surveillance accrue. L’administration locale s’adapte aux nouvelles contraintes imposées par l’occupant et par le régime de Vichy, tandis que les premières formes de résistance apparaissent encore timidement.
Oscar Hirsch, inspecteur d’assurances né en Moselle, s’installe à La Chartre-sur-le-Loir avant d’être recensé comme juif en 1941. Il quitte la commune pour Le Mans en septembre de la même année, échappant à la déportation. Son parcours illustre la situation des personnes juives en Sarthe sous l’Occupation allemande.
En 1942, la situation se durcit à La Chartre-sur-le-Loir : les contrôles se renforcent et les restrictions, réquisitions et arrestations rythment désormais le quotidien. Dans le même temps, certaines entreprises parisiennes se replient en Sarthe, comme l’usine Rustin, connue pour ses « rustines », qui s’installe dans la commune. Cette période est marquée par une intensification de la répression et des persécutions sous l’Occupation allemande et le régime de Vichy. En Sarthe, des rafles de familles juives ont lieu, conduisant à des déportations vers les camps.
Julien Hirsch, marchand de bestiaux né en Moselle, s’installe à La Chartre-sur-le-Loir où il est recensé comme juif sous l’Occupation et contraint de porter l’étoile jaune. Il quitte la commune en août 1942 pour une destination inconnue, échappant à la déportation. Son parcours témoigne du sort des populations juives en Sarthe durant la Seconde Guerre mondiale.
Alfred Lévy, né à Strasbourg en 1863, s’installe à La Chartre-sur-le-Loir où il vit seul durant l’Occupation. Âgé de 79 ans, il y décède le 18 avril 1942. Non déporté, son parcours illustre la présence de personnes juives âgées en Sarthe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Sarah Klebaner, employée de l’entreprise Rustin à Paris, suit la délocalisation de l’usine à La Chartre-sur-le-Loir durant la Seconde Guerre mondiale. Veuve et mère de quatre enfants, elle quitte ensuite la Sarthe pour retourner à Paris, où elle est arrêtée puis déportée. Elle meurt en déportation à l’âge de 63 ans, illustrant le destin tragique de nombreuses victimes juives sous l’Occupation.
En 1943, la pression allemande s’intensifie à la Chartre sur le Loir. Le Service du travail obligatoire (STO) est mis en place, entraînant le départ forcé de nombreux jeunes Sarthois vers l’Allemagne, tandis que les réquisitions et la répression s’accentuent. Dans ce contexte de tension croissante, la Résistance se structure, un groupe local de l'OCM (Organisation Civile et Militaire) gagne en importance sur le territoire, malgré une surveillance toujours plus stricte de l’occupant.
Le groupe OCM de La Chartre-sur-le-Loir, dirigé par le gendarme Lucien Lemière dit « Léonard », rassemble plusieurs résistants locaux engagés dans la lutte clandestine. Actif dans le secteur, le réseau organise le stockage d’armes et des entraînements tout en communiquant via des messages codés de la BBC. Plusieurs de ses membres sont arrêtés en 1944 et meurent en déportation, illustrant l’engagement et les sacrifices de la résistance locale en Sarthe durant la Seconde Guerre mondiale.
En 1944, l’espoir de la Libération gagne La Chartre-sur-le-Loir, notamment après le Débarquement de Normandie. La répression s’intensifie : la Gestapo traque les résistants, entraînant arrestations, déportations et démantèlement de réseaux clandestins. Dans le même temps, la Sarthe subit de violents bombardements, tandis que les combats, les mouvements de troupes et les actions de résistance se multiplient. La commune est également marquée par des victimes civiles lors du mitraillage d’un train à la Maladrerie. L’avancée des Alliés durant l’été conduit à la Libération progressive du territoire, La Chartre-sur-le-Loir étant finalement libérée par des parachutistes belges du SAS, au cours des combats desquels l’un d’entre eux trouve la mort.
Un journal de l’époque relate le mitraillage d’un train de la Sarthe près de La Chartre-sur-le-Loir vers 20 h 30 par des avions anglo-américains. L’attaque fait 10 morts, 25 blessés graves et 20 blessés légers, tandis que des bombes non explosées sont signalées à proximité du convoi.
Le 9 août 1944, à La Chartre-sur-le-Loir, un affrontement oppose résistants et forces allemandes dans le cadre de l’opération Shakespeare menée par les SAS. Deux hommes y trouvent la mort : Léon Prouteau, sous-lieutenant FFI, et Roger Carette, parachutiste belge du 4ᵉ SAS, âgé de 22 ans. Engagés aux côtés de la Résistance sarthoise, ils participent aux combats destinés à harceler les troupes d’occupation.