Située à l’ouest du Mans, Tennie se trouve à proximité de Conlie, sur un axe secondaire reliant Le Mans au Mont-Saint-Michel. Proche de la limite avec la Mayenne et de la forêt de la Petite Charnie, la commune s’inscrit dans un environnement rural et boisé qui lui confère une position discrète durant l’Occupation.
L’année 1940 constitue ainsi une rupture majeure : elle marque la fin de la vie “ordinaire” d’avant-guerre et l’entrée dans une période d’Occupation qui va durablement transformer le fonctionnement de la commune et le quotidien de ses habitants. Dans ce contexte, les repères sont profondément bouleversés. L’administration locale doit composer avec les autorités militaires allemandes, qui imposent de nouvelles règles. Les habitants vivent désormais sous surveillance, avec des restrictions qui touchent aussi bien les déplacements que l’approvisionnement ou les communications.
À Tennie, dès 1940, un acte discret de résistance quotidienne marque le début de l’Occupation : le sacriste refuse d’appliquer l’heure allemande imposée par l’occupant et continue à faire sonner l’horloge de l’église à l’heure française. Un geste symbolique de désobéissance face à la domination allemande.
Photographiée par des soldats allemands en 1940 dans le cadre d’un inventaire des monuments français, l’église de Tennie témoigne de l’intérêt porté par l’occupant au patrimoine local dès le début de l’Occupation, entre contrôle du territoire et volonté de recensement culturel.