Le Grand-Lucé sous l'Occupation 1940-1944


Située dans le sud‑est de la Sarthe, proche de la vallée du Loir, la commune du Grand‑Lucé occupe une position intermédiaire entre Le Mans, La Flèche et Vendôme. Bourg ancien, structuré autour de son château et de son activité agricole, il est desservi par un réseau de routes départementales reliant les petites villes du sud sarthois comme la Chartre-sur-le-Loir. Sans être placé sur un axe national majeur, Le Grand‑Lucé se trouve néanmoins sur des itinéraires secondaires utilisés pour les déplacements militaires durant la Seconde Guerre mondiale. Après la défaite de juin 1940, la commune entre dans la zone occupée. Comme dans l’ensemble de la Sarthe, l’Occupation allemande se traduit par des réquisitions, la présence régulière de troupes, des restrictions alimentaires et un contrôle étroit de la population. Entre 1942 et 1944, la situation se tend. La mise en place du Service du travail obligatoire (STO), la montée des actions de Résistance dans le secteur et l’intensification des mouvements de troupes allemandes renforcent le climat d’inquiétude. Le Grand‑Lucé participe pleinement à cette guerre de l’arrière, faite d’attente, de dissimulation, parfois d’entraide et de refus silencieux de l’Occupation. À l’été 1944, après le débarquement allié en Normandie, la Sarthe devient une zone de passage pour les troupes allemandes en repli et pour les forces alliées progressant vers l’est. La Libération de la région s’accompagne alors de déplacements militaires intenses et de tensions locales. L’année 1944 marque ainsi, pour Le Grand‑Lucé, la fin de l’Occupation et le retour progressif à la liberté.  

1940 : la défaite et l’entrée dans l’Occupation

L’année 1940 marque une rupture brutale pour la commune du Grand‑Lucé. Après l’offensive allemande du printemps et la défaite rapide de l’armée française, la Sarthe est occupée dès le mois de juin. Le Grand‑Lucé entre alors dans la France occupée. L’arrivée de l’autorité allemande met fin à la vie d’avant‑guerre et instaure un climat d’incertitude et de crainte. Les habitants doivent faire face aux premières réquisitions, aux restrictions et à la présence de soldats, tandis que s’installe une nouvelle organisation imposée par l’occupant. Sans combats directs sur son territoire, la commune est néanmoins immédiatement touchée par les conséquences de la défaite et du début de l’Occupation, qui va durer quatre longues années.

Le château sous l'Occupation

Photo prise par un soldat allemand pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg
Photo prise par un soldat allemand pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg

1941 : l'Ordre nouveau s'installe

La présence allemande s’organise, la répression commence. Les premières formes de résistance locale apparaissent timidement. 

Le château sous l'Occupation

"Le château du grand lucé sous l'occupation, les jardins laissés en friche, 1940-1944"
Photo prise par un soldat allemand pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg

1943 : travail forcé et réseaux clandestins

L’année est marquée par le STO, les réquisitions de jeunes Sarthois envoyés en Allemagne, mais aussi par la montée en puissance des réseaux de Résistance.

Le château sous l'Occupation

"Les dépendances du chateau du grand lucé sous l'occupation, 1940-1944"
Photo prise par un soldat allemand pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg