Située au nord de la Sarthe, limitrophe du département de l’Orne, la commune de Lignières-la-Carelle s’inscrit dans un paysage de bocage et de petites exploitations agricoles, à proximité des communes d’Ancinnes et de Saint-Rigomer-des-Bois, et non loin de Mamers, pôle de référence du secteur et sous-préfecture. La commune est traversée et desservie par un réseau de routes secondaires reliant les bourgs ruraux entre eux, permettant notamment de rejoindre la commune d’Alençon au nord. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette situation géographique place Lignières-la-Carelle dans un espace rural relativement éloigné des grands axes stratégiques, mais néanmoins traversé par des déplacements militaires et des circulations liées à l’Occupation. Comme dans les communes voisines, la vie quotidienne reste dominée par l’agriculture, les réquisitions et la présence diffuse de l’autorité allemande, dans un environnement marqué par la surveillance et la prudence.
En 1943, alors que la guerre aérienne s’intensifie au-dessus de l'Europe occupée, le territoire sarthois est régulièrement survolé par les appareils alliés engagés dans des missions de bombardement et de perturbation des infrastructures allemandes. C’est dans ce contexte qu’un bombardier lourd de la Royal Air Force de type Avro Lancaster s’écrase dans le secteur de Lignières-la-Carelle. Cet appareil participait à une opération nocturne visant des objectifs stratégiques sur la ville de Turin liés à l’effort de guerre allemand.
Dans la nuit du 14 au 15 août 1943, le Lancaster DS684 du 115ᵉ Squadron RAF s’écrase à La Creusie (Lignières-la-Carelle) lors d’une mission sur Turin, tuant les sept membres d’équipage, dont Sgt John Watson et Robert Crawshaw.