Saint-Jean-de-la-Motte sous l'Occupation 1940-1944


Située au sud-ouest du département de la Sarthe, à proximité des communes de Luché-Pringé, Mansigné et Clermont-Créans, Saint-Jean-de-la-Motte se situe dans un environnement rural et reste à l’écart des grands axes de circulation, notamment de la nationale 23. Cependant, la commune n’échappe pas aux réalités de l’Occupation. Le quotidien des habitants est marqué par les restrictions, les réquisitions et la présence de l’autorité allemande. Dans ce contexte, le maire de la commune s’engage dans des actions de Résistance. Il apporte notamment son aide à des familles juives réfugiées, participant ainsi, à l’échelle locale, à des actions de solidarité et de protection face aux persécutions.

1940 : un maire face à l’Occupation

En 1940, après la défaite française et l’installation de l’Occupation, Émile Coubard est maire de Saint-Jean-de-la-Motte depuis trois ans. Négociant et père de famille, il incarne une autorité locale respectée. Dans ce contexte de bouleversement, il adopte très tôt une attitude prudente face aux autorités de Vichy et à l’occupant allemand. Sans s’opposer ouvertement, il manifeste un manque de zèle dans l’application de certaines consignes, annonçant déjà une forme de résistance discrète. Cette posture, encore mesurée en 1940, marque le début de son engagement qui se renforcera dans les années suivantes.

le maire Émile Coubard

Émile Coubard, maire de Saint-Jean-de-la-Motte, s’engage dans la Résistance pendant l’Occupation en protégeant des familles juives et en s’opposant discrètement aux autorités de Vichy et allemandes

"Émile Coubard : Maire Résistant de Saint-Jean-de-la-Motte".
Émile Coubard : Maire Résistant de Saint-Jean-de-la-Motte

1942 : la révocation d’un maire résistant

En 1942, l’attitude d’Émile Coubard face aux autorités de Vichy et à l’occupant allemand entraîne des conséquences directes. Depuis l’année précédente, son refus de transmettre certaines informations, notamment sur les personnes déplacées et les enfants accueillis dans l’école, suscite l’irritation de l’administration. Son manque de coopération est perçu comme une opposition aux exigences du régime. Le 30 octobre 1942, il est finalement révoqué de ses fonctions de maire de Saint-Jean-de-la-Motte, sous un prétexte fallacieux. Cette décision marque une volonté des autorités de reprendre le contrôle local, face à un élu dont l’attitude, discrètement résistante, devient incompatible avec les attentes du régime de Vichy.

Destitution du Maire

Dès 1941, le maire Émile Coubard s’oppose discrètement au régime de Vichy et à l’occupant en refusant de transmettre des informations sensibles, protégeant notamment des enfants juifs, ce qui entraîne sa révocation en octobre 1942.

"Emile Coubard, la résistance silencieuse d’un élu face à Vichy".
Emile Coubard, la résistance silencieuse d’un élu face à Vichy

1943 : structuration du groupe de Résistance

En 1943, la Résistance commence à s’organiser à Saint-Jean-de-la-Motte. Autour d’Émile Coubard, ancien maire révoqué, un petit groupe se forme peu à peu. Il rassemble huit personnes, dont la plupart vivent dans le bourg. Ce groupe serait né en partie grâce à des requis travaillant dans une tourbière voisine. Ensemble, ces hommes s’engagent progressivement dans la lutte contre l’occupant. Sous la direction d’Émile Coubard, cette organisation locale marque une étape importante, avant des actions plus concrètes qui se développent surtout en 1944.

Groupe de Saint-Jean

Le groupe de Résistance de Saint-Jean-de-la-Motte, dirigé par Émile Coubard, se structure progressivement et participe activement à la lutte en 1944, notamment grâce à l’armement récupéré par ses membres, dont Abel Pousse.

"Groupe de Saint-Jean-de-la-Motte".
Groupe de Saint-Jean-de-la-Motte

1944 : faits d'armes à Saint-Jean-de-la-Motte

L’année 1944 marque un tournant historique pour Saint-Jean-de-la-Motte, illustré par des événements marquants de la Libération. Le 8 juin, un avion américain P-51B Mustang s’écrase entre le bourg et Mansigné après avoir été touché par la défense antiaérienne. Deux mois plus tard, le 9 août, la résistance locale mène une opération audacieuse à l’hôtel du Soleil d’Or pour neutraliser un détachement ennemi de neuf hommes. Cette confrontation armée, qui se poursuit jusqu’au monument aux morts, se solde par la capture d'un feldwebel et la mort de plusieurs soldats allemands enterrés par la suite dans le bois de la Cheurie.

Crash avion US

Le 8 juin 1944, un avion américain P-51 Mustang est abattu près de Saint-Jean-de-la-Motte ; son pilote, Robert « Posty » Booth, parvient à s’éjecter mais est capturé et interné en Allemagne jusqu’en 1945.

"Crash d’un avion US, le 8 juin 1944, saint jean de la motte".
Crash d’un avion US, le 8 juin 1944

Fusillade au Soleil d'Or (1)

Le 9 août, un détachement allemand de neuf hommes s’installe à l’hôtel du Soleil d’Or, tenu par le résistant Paul Courtillier. Alertés, les résistants locaux menés par Marius Biard interviennent pour les capturer, déclenchant une fusillade au cours de laquelle cinq soldats allemands sont abattus et Henri Duvernois est blessé.

"L'Affrontement au « Soleil d’Or » : une victoire de la Résistance en pleine débandade ennemie, saint jean de la motte".
L'Affrontement au « Soleil d’Or » : une victoire de la Résistance en pleine débandade ennemie

Fusillade au Soleil d'Or (2)

Le feldwebel Müller est capturé et blessé par Henri Duvernois alors qu'il tentait de lancer une grenade. Les prisonniers allemands, gardés par Abel Pousse, sont transférés de Beau Soleil vers Foullefourte. Enfin, quatre soldats identifiés (Hakenesch, Eichelbaum, Bischoff et Maeser) sont enterrés par les résistants  dans le bois de la Cheurie.

"L'Affrontement au « Soleil d’Or » : une victoire de la Résistance en pleine débandade ennemie, saint jean de la motte".
L'Affrontement au « Soleil d’Or » : une victoire de la Résistance en pleine débandade ennemie