Située au sud-ouest du département de la Sarthe, Mansigné, commune rurale, à proximité de Luché-Pringé, Saint-Jean-de-la-Motte et Requeil. Elle se trouve non loin de deux centres administratifs importants de l’époque, Le Lude et La Flèche, cette dernière étant sous-préfecture. Relativement éloignée des grands axes de circulation, Mansigné apparaît comme un territoire plus discret, en retrait des principaux déplacements militaires. Dès le début de l’Occupation, la commune accueille de nombreux réfugiés et évacués venant des grandes villes, cherchant à fuir les bombardements et les dangers des zones urbaines. Certains choisissent de s’y installer durablement, redoutant notamment les rafles qui frappent les grandes agglomérations, en particulier la capitale. Dans ce contexte, des élans de solidarité se développent au sein d’une partie de la population locale. Des habitants prennent le risque de cacher et de protéger des familles juives, malgré les dangers encourus. Toutefois, cette entraide ne suffit pas toujours à empêcher les arrestations : certaines personnes sont arrêtées puis déportées, rappelant la dure réalité de l’Occupation, même dans les communes rurales.
L’année 1942 marque un tournant dans l’Occupation avec l’intensification des persécutions antisémites et l’organisation de rafles visant les familles juives dans toute la France, y compris en Sarthe (lire l'article). Même les communes rurales, jusque-là perçues comme relativement à l’écart, ne sont pas épargnées. À Mansigné, cette réalité se concrétise en octobre 1942 avec l’arrestation de Raphaël Entine, réfugié juif installé dans la commune. Arrêté puis déporté vers le camp d’extermination d’Auschwitz où il n’en reviendra pas.
Après les rafles de l’année 1942, la menace reste omniprésente pour les familles juives encore présentes ou réfugiées dans la commune. Face à ce danger, certains habitants de Mansigné choisissent d’agir, au péril de leur sécurité et de leur vie. Deux familles du bourg, les Brossard et les Boussard, s’engagent ainsi dans des actions de protection en cachant plusieurs enfants juifs. Quatre enfants de la famille Fechtenbaum, dont les parents ont été déportés, ainsi que Maria Blum, âgée de 13 ans, trouvent refuge auprès d’eux. Ces gestes de solidarité, discrets mais essentiels, permettent à ces enfants d’échapper aux arrestations. Ils illustrent aussi une autre réalité de l’Occupation : celle de femmes et d’hommes ordinaires qui, malgré les risques encourus, choisissent d’aider et de protéger les persécutés.
En 1942-1943, après la déportation de leurs parents, quatre enfants Fechtenbaum sont cachés à Mansigné par des habitants solidaires, échappant ainsi aux rafles nazies.
À 13 ans, Maria Blum, enfant juive parisienne, trouve refuge chez les Boussard à Mansigné, échappant aux persécutions et à la déportation nazie.
En 1943, Albert Fechtenbaum, enfant juif, est caché à Mansigné par la famille Brossard, échappant aux persécutions nazies qui coûtent la vie à ses parents.
En 1943, à Mansigné, les Boussard cachent plusieurs enfants juifs, dont trois Fechtenbaum, les protégeant des rafles grâce à la solidarité locale et à des refuges discrets.