Située au sud-est du département de la Sarthe, à traversée par le Loir et à proximité du département du Loir-et-Cher, Ruillé-sur-Loir se trouve près des communes de La Chartre-sur-le-Loir, Lhomme et Poncé-sur-le-Loir. Éloignée des grands axes de circulation, la commune est toutefois reliée par un réseau de routes secondaires, notamment en direction de Vendôme par Montoire-sur-le-Loir et en direction de Saint-Calais. Elle est également traversée par une ligne de chemin de fer, ce qui renforce son ouverture sur les territoires voisins. Durant l’Occupation, la commune connaît une activité résistante importante. Un réseau local, dirigé par une femme, y est particulièrement actif. Le territoire accueille également deux terrains de parachutage, témoignant du rôle joué par Ruillé-sur-Loir dans les actions de la Résistance et les opérations menées en lien avec les forces alliées.
En 1941, Ruillé-sur-Loir est pleinement intégrée au système mis en place par l’occupant allemand. La commune accueille des prisonniers de guerre employés comme main-d’œuvre agricole, dans un contexte de pénurie et de réorganisation de l’économie locale. Comme dans de nombreuses communes rurales, ces hommes, souvent éloignés de leur pays d’origine, vivent sous surveillance et participent aux travaux des fermes. Cette présence témoigne des contraintes imposées par l’Occupation et des conditions de vie difficiles des prisonniers, entre travail forcé et tentatives d’évasion.
Originaire d’Algérie, Omar Louanchi est mobilisé en 1939 au sein du 5ᵉ Régiment de Tirailleurs Algériens pour combattre en France. Fait prisonnier en juin 1940 lors des combats dans la région de Saumur, il est interné puis envoyé comme travailleur agricole à Ruillé-sur-Loir. Le 11 juin 1941, lors d’une tentative d’évasion, il est abattu par ses gardes. Il repose aujourd’hui dans le cimetière communal.
En 1944, dans le contexte de la Libération, le secteur de La Chartre-sur-le-Loir et de Ruillé-sur-Loir devient un point stratégique pour la Résistance sarthoise. Les terrains de parachutage « Cyclone » puis « Caramel », homologués par le Bureau des Opérations Aériennes (BOA), permettent la réception d’armes, de matériel et d’agents envoyés depuis Londres. Malgré l’abandon rapide de « Cyclone » après sa découverte par l’ennemi, ces sites assurent la continuité des liaisons aériennes et renforcent l’action des groupes FFI dans les semaines décisives de l’été 1944.
Dans le secteur de La Chartre-sur-le-Loir et de Ruillé-sur-Loir, deux terrains de parachutage homologués par le BOA, « Cyclone » et « Caramel », ont joué un rôle clé dans les liaisons entre Londres et la Résistance sarthoise en 1944. Le terrain « Cyclone », opérationnel dès juin 1944, ne fut utilisé qu’une seule fois avant d’être repéré par l’ennemi à la suite d’une erreur d’identification. Après son abandon, le terrain « Caramel » prit le relais et devint un site essentiel pour la réception de parachutages d’armes, de matériel et de personnel destinés aux forces de la Résistance en Sud-Sarthe.
Le terrain de parachutage « Caramel », près de Ruillé-sur-Loir, est un site majeur de la Résistance en Sud-Sarthe durant 1944. Dirigé par Maurice Nail avec son réseau local, il permet la réception de parachutages alliés grâce aux messages codés de la BBC. Entre juillet et août 1944, il reçoit hommes et matériel, rapidement redistribués aux FFI pour les combats de libération.
Maurice Ajam, ancien député et sénateur de la Sarthe, est un homme politique retiré lors de la Seconde Guerre mondiale. Âgé, il vit au Mans sans rôle actif, continuant seulement à écrire des notes privées jusqu’en 1942. Attaché à la République, il reste probablement critique mais discret face au régime de Vichy et meurt en 1944 avant la Libération.