Occupée par l’armée allemande depuis juin 1940, la commune des Mées, située dans le nord de la Sarthe, à proximité de Mamers, sous-préfecture, et non loin d’Alençon, connaît comme l’ensemble du département quatre années marquées par les réquisitions, la répression et un climat de peur entretenu par la Gestapo, notamment à l’encontre des résistants locaux. Cette réalité est également observée dans les communes voisines comme Chérancé et Saint-Rémy-du-Val, qui subissent elles aussi les contraintes de l’Occupation et les tensions liées à la présence allemande. À partir de l’été 1944, la situation militaire évolue rapidement après le Débarquement en Normandie et l’avancée des armées alliées vers la vallée de la Loire. Après la libération du Mans le 8 août 1944, le nord de la Sarthe devient un axe stratégique pour les forces françaises de la 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, engagées dans la poursuite des troupes allemandes en repli vers l’Est, en direction notamment d’Alençon. C’est dans ce contexte que Les Mées sont libérées le 11 août 1944, au terme de combats violents aux abords de la commune, notamment au carrefour des Mées, sur un axe reliant Le Mans à Alençon.
Contrairement à d’autres localités libérées sans affrontements, la libération des Mées s’accompagne de combats meurtriers le 11 août 1944. Ce jour-là, deux soldats de la 2e division blindée, Pierre Cazeaux et Marc Serruya, trouvent la mort lorsque le char Pic d’Anie, engagé au sein des forces de libération, est touché par l’artillerie allemande. Dans le même temps, la progression alliée transforme rapidement la situation dans tout le secteur. La commune de Ballon est libérée dès le 9 août 1944 par les troupes américaines, tandis que Mamers est libérée le 11 août 1944, le même jour que Les Mées. Ainsi, en l’espace de quelques jours seulement, le nord de la Sarthe passe de l’Occupation à la Libération. Cette séquence d’août 1944, marquée à la fois par la joie populaire et par des pertes humaines, illustre la violence des derniers combats sur le territoire sarthois et le rôle décisif des unités de la 2e division blindée dans la poursuite des forces allemandes en retraite.