Pendant l’Occupation allemande, la commune d’Arnage connaît une période marquée par la présence des troupes, les réquisitions et les contraintes imposées à la population. Située en Sarthe elle s’inscrit dans l’organisation du territoire sous le régime de Vichy, entre restrictions, surveillance et adaptation à la guerre. En raison de son appareil industriel et de sa proximité avec Le Mans, la commune paie un lourd tribut aux bombardements alliés visant les installations utilisées par l’occupant. Ces attaques, parfois destructrices, frappent le tissu économique et touchent directement la population, accentuant les difficultés du quotidien déjà marquées par les pénuries et l’insécurité. Au fil des années, la vie locale s'adapte à ce climat de tension et de danger constant, jusqu’à la Libération en 1944, qui met fin à l’Occupation et ouvre une période de reconstruction pour la commune.
En 1940, la commune d’Arnage entre dans la période de l’Occupation à la suite de la défaite française. L’exode des populations, les bombardements et l’arrivée des troupes allemandes marquent une rupture brutale. La vie quotidienne bascule : l’installation des forces ennemies et la mise en place du régime de Vichy transforment rapidement l’organisation locale et les conditions de vie des habitants. Dans le cadre de l’effort de guerre allemand, l’appareil industriel sarthois est progressivement réquisitionné, tout comme plusieurs infrastructures stratégiques. À Arnage, la proximité de l’aérodrome en fait un site d’intérêt particulier, intégré aux dispositifs militaires et logistiques de l’occupant.
Dans les années 1920, Gnome & Rhône frôle la faillite, mais Paul-Louis Weiller reprend les commandes et recentre l’entreprise sur moteurs d’avions et motos. En 1939, l’usine d’Arnage et sa cité ouvrière sont inaugurées.
En juin 1940, l’aérodrome civil d’Arnage est réquisitionné par la Luftwaffe. Terrain secondaire, il accueille principalement avions d’observation et écoles de pilotage, avec des installations légères et une défense modeste.
En 1941, l’Occupation allemande s’installe durablement à Arnage. La présence ennemie s’organise tandis que la répression commence à se faire sentir. La population doit faire face aux restrictions, au rationnement et à une surveillance accrue. L’administration locale s’adapte aux nouvelles contraintes imposées par l’occupant et par le régime de Vichy, tandis que les premières formes de résistance apparaissent encore timidement.
Pendant l’Occupation, Louis Verdier et les cadres de Gnome & Rhône ralentissent discrètement la production pour gêner les Allemands, tout en protégeant réfractaires, clandestins et ouvriers menacés. La production tombe de 600 à 159 moteurs par mois.
En juin 1941, lors de la Paris–Angers à la marche, la deuxième étape traversait la Sarthe. Après le départ donné au Mans, les marcheurs passaient par Arnage, situé au km 9 du parcours, avant de poursuivre vers La Flèche.
L’année est marquée par le STO, les réquisitions de jeunes Sarthois envoyés en Allemagne, mais aussi par la montée en puissance des réseaux de Résistance. C'est également les début des bombardements alliés sur les usines.
Le 4 juillet 1943, 121 bombardiers B‑17 frappent l’usine Gnome & Rhône d’Arnage, site stratégique de moteurs pour la Luftwaffe, lors de la Mission n°71 du VIII Bomber Command.
Le 4 juillet 1943, 103 B‑17 du 1st Bombardment Wing bombardent Gnome & Rhône à Arnage par “carpet bombing”, causant d’importants dégâts et perturbant la production allemande.
En 1944, l’espoir de la Libération gagne la commune d'Arnage, notamment après le Débarquement de Normandie. La répression s’intensifie : la Gestapo traque les résistants, entraînant arrestations, déportations et démantèlement de réseaux clandestins. Dans le même temps, la Sarthe subit de violents bombardements, tandis que les combats, les mouvements de troupes et les actions de résistance se multiplient. L’avancée des Alliés durant l’été conduit à la Libération progressive du territoire, non sans destructions et pertes humaines.
Le 17 mai 1944, Clément et Marguerite Beuruay, résistants du réseau TAM à Arnage, sont arrêtés par la Gestapo. Clément sera déporté à Dachau et Marguerite à Romainville. Leur courage restera dans la mémoire locale.

Après la libération du Mans début août 1944, l’aérodrome d’Arnage, rebaptisé A‑35, sert les forces américaines pour liaison, observation et évacuation de blessés, avant de retrouver un usage civil à l’automne.