Arnage sous l'Occupation 1940-1944


Pendant l’Occupation allemande, la commune d’Arnage connaît une période marquée par la présence des troupes, les réquisitions et les contraintes imposées à la population. Située en Sarthe elle s’inscrit dans l’organisation du territoire sous le régime de Vichy, entre restrictions, surveillance et adaptation à la guerre. En raison de son appareil industriel et de sa proximité avec Le Mans, la commune paie un lourd tribut aux bombardements alliés visant les installations utilisées par l’occupant. Ces attaques, parfois destructrices, frappent le tissu économique et touchent directement la population, accentuant les difficultés du quotidien déjà marquées par les pénuries et l’insécurité. Au fil des années, la vie locale s'adapte à ce climat de tension et de danger constant, jusqu’à la Libération en 1944, qui met fin à l’Occupation et ouvre une période de reconstruction pour la commune.

1940 : l'invasion et l'occupation des usines d'Arnage

En 1940, la commune d’Arnage entre dans la période de l’Occupation à la suite de la défaite française. L’exode des populations, les bombardements et l’arrivée des troupes allemandes marquent une rupture brutale. La vie quotidienne bascule : l’installation des forces ennemies et la mise en place du régime de Vichy transforment rapidement l’organisation locale et les conditions de vie des habitants. Dans le cadre de l’effort de guerre allemand, l’appareil industriel sarthois est progressivement réquisitionné, tout comme plusieurs infrastructures stratégiques. À Arnage, la proximité de l’aérodrome en fait un site d’intérêt particulier, intégré aux dispositifs militaires et logistiques de l’occupant.

Gnome & Rhône

Dans les années 1920, Gnome & Rhône frôle la faillite, mais Paul-Louis Weiller reprend les commandes et recentre l’entreprise sur moteurs d’avions et motos. En 1939, l’usine d’Arnage et sa cité ouvrière sont inaugurées.

"Gnome & Rhône : du redressement à la tourmente de la guerre".
Gnome & Rhône : du redressement à la tourmente de la guerre

Aérodrome Arnage-Le Mans

Soldat de la Luftwaffe devant un avion Messerschmitt 109 à l'aérodrome du Mans durant l'occupation - Crédit : AD72
Soldat de la Luftwaffe devant un avion Messerschmitt 109 à l'aérodrome du Mans durant l'occupation - Crédit : AD72

Les jours sarthois de Manouchian

Après la défaite de 1940, Missak Manouchian, mobilisé comme travailleur étranger à Gnome & Rhône, s’évade en 1941 pour Paris et s’engage bientôt dans la Résistance.

"Fiche expliquant le passage d'Issak Manouchian en Sarthe en 1940, dans l'usine Gnome & Rhône au Mans"
Les jours sarthois de Manouchian, 1940

L’aérodrome du Mans-Arnage

En juin 1940, l’aérodrome civil d’Arnage est réquisitionné par la Luftwaffe. Terrain secondaire, il accueille principalement avions d’observation et écoles de pilotage, avec des installations légères et une défense modeste.

"L’aérodrome du Mans-Arnage sous l’Occupation allemande."
L’aérodrome du Mans-Arnage sous l’Occupation allemande

1941: l'Ordre nouveau s'installe, la Résistance débute

En 1941, l’Occupation allemande s’installe durablement à Arnage. La présence ennemie s’organise tandis que la répression commence à se faire sentir. La population doit faire face aux restrictions, au rationnement et à une surveillance accrue. L’administration locale s’adapte aux nouvelles contraintes imposées par l’occupant et par le régime de Vichy, tandis que les premières formes de résistance apparaissent encore timidement.

Gnome & Rhône en Résistance

Pendant l’Occupation, Louis Verdier et les cadres de Gnome & Rhône ralentissent discrètement la production pour gêner les Allemands, tout en protégeant réfractaires, clandestins et ouvriers menacés. La production tombe de 600 à 159 moteurs par mois. 

"Protéger l’usine, protéger les hommes, Gnome & Rhône rentre en Résistance".
Protéger l’usine, protéger les hommes, Gnome & Rhône rentre en Résistance

Course Paris-Angers à la marche, km 9

En juin 1941, lors de la Paris–Angers à la marche, la deuxième étape traversait la Sarthe. Après le départ donné au Mans, les marcheurs passaient par Arnage, situé au km 9 du parcours, avant de poursuivre vers La Flèche.

"Passage de la Paris–Angers à la marche 1941 à Arnage (Sarthe), 2ᵉ étape, km 9."
La course Paris–Angers, étape sarthoise : passage à Arnage la Vallée (km 9)

1943 : premiers bombardements Alliés sur Arnage

L’année est marquée par le STO, les réquisitions de jeunes Sarthois envoyés en Allemagne, mais aussi par la montée en puissance des réseaux de Résistance. C'est également les début des bombardements alliés sur les usines.

Bombardement de l’usine Gnome & Rhône – Partie 1

Le 4 juillet 1943, 121 bombardiers B‑17 frappent l’usine Gnome & Rhône d’Arnage, site stratégique de moteurs pour la Luftwaffe, lors de la Mission n°71 du VIII Bomber Command.

"4 juillet 1943 : le bombardement de l’usine Gnome & Rhône – Partie 1".
4 juillet 1943 : le bombardement de l’usine Gnome & Rhône – Partie 1

Photo de la mission - 4 juillet

Photo en temps réel du bombardement sur l'usine Gnome & Rhône, le 4 juillet 1943 - Crédit : Archives US
Photo en temps réel du bombardement sur l'usine Gnome & Rhône, le 4 juillet 1943 - Crédit : Archives US

Bombardement de l’usine Gnome & Rhône – Partie 2

Le 4 juillet 1943, 103 B‑17 du 1st Bombardment Wing bombardent Gnome & Rhône à Arnage par “carpet bombing”, causant d’importants dégâts et perturbant la production allemande. 

"4 juillet 1943 : le bombardement de l’usine Gnome & Rhône – Partie 2".
4 juillet 1943 : le bombardement de l’usine Gnome & Rhône – Partie 2

Equipage de tête mission - 4 juillet

Photo de l'équipage leader de la mission n°71 sur l'usine Gnome & Rhône, 4 juillet 1943 - Crédit : Archives US
Photo de l'équipage leader de la mission n°71 sur l'usine Gnome & Rhône, 4 juillet 1943 - Crédit : Archives US

Briefing de la mission - 4 juillet

Dessin illustrant l'approche, l'opposition et le retour de la mission de bombardement du 4 juillet 1943 - Crédit : Archives US
Dessin illustrant l'approche, l'opposition et le retour de la mission de bombardement du 4 juillet 1943 - Crédit : Archives US

1944 : Gestapo, répression, destructions et Libération

En 1944, l’espoir de la Libération gagne la commune d'Arnage, notamment après le Débarquement de Normandie. La répression s’intensifie : la Gestapo traque les résistants, entraînant arrestations, déportations et démantèlement de réseaux clandestins. Dans le même temps, la Sarthe subit de violents bombardements, tandis que les combats, les mouvements de troupes et les actions de résistance se multiplient. L’avancée des Alliés durant l’été conduit à la Libération progressive du territoire, non sans destructions et pertes humaines.

Réseau TAM de l'ORA

Le 17 mai 1944, Clément et Marguerite Beuruay, résistants du réseau TAM à Arnage, sont arrêtés par la Gestapo. Clément sera déporté à Dachau et Marguerite à Romainville. Leur courage restera dans la mémoire locale.

"Fiche sur Clément et Margueritte Beuruay, résistants sarthois du réseau TAM de l'ORA, 1944"
Clément et Marguerite Beuruay, groupe TAM de l’ORA

L’aérodrome A-35

Après la libération du Mans début août 1944, l’aérodrome d’Arnage, rebaptisé A‑35, sert les forces américaines pour liaison, observation et évacuation de blessés, avant de retrouver un usage civil à l’automne.

"L’aérodrome A-35 du Mans-Arnage sous présence américaine."
L’aérodrome A-35 du Mans-Arnage sous présence américaine

Bombardement aéroport - 8 juin

Bombardement allié sur l'aéroport allemand d'Arnage le 8 juin 1944 - Crédit : Archives US
Bombardement allié sur l'aéroport allemand d'Arnage le 8 juin 1944 - Crédit : Archives US

Bombardement de Gnome & Rhône - 29 juillet

Bombardement allié sur les hangars à moteurs et sur les atelier de l'usine Gnome & Rhône, 29 juillet 1944 - Crédit : Archives US
Bombardement allié sur les hangars à moteurs et sur les atelier de l'usine Gnome & Rhône, 29 juillet 1944 - Crédit : Archives US