Saint-Germain-d'Arcé occupe durant la Seconde Guerre mondiale une position rurale mais stratégique, au sud-est de la Sarthe, dans un espace situé entre les axes reliant La Flèche à Tours et Le Mans à Tours. Cette situation en fait un lieu de passage discret entre l’Anjou, le Maine et la Touraine, propice aux déplacements clandestins et aux circulations liées à la période d’Occupation. Durant la guerre, la commune se trouve à proximité de plusieurs bourgs ruraux comme Vaas, Le Lude, Chenu ainsi que du camp militaire d’Aubigné-Racan. La proximité de la limite avec le département de l’Indre-et-Loire renforce également l’intérêt de ce secteur pour les liaisons entre territoires occupés et la zone libre, située à moins de 100 km. Le paysage forestier, notamment autour du Bois de la Frogerie, offre des conditions favorables à la dissimulation et aux déplacements discrets, caractéristiques essentielles des réseaux de la Résistance comme celui du château d'Amenon près du Lude.
Dans le contexte de l'Occupation, le secteur de Saint-Germain-d’Arcé accueille un poste de commandement clandestin rattaché au dispositif TAM (Touraine–Anjou–Maine) de l'ORA (l’Organisation de Résistance de l’Armée). Ce point d’organisation est installé et coordonné par le capitaine Madelin, chargé de la structuration des réseaux de résistance militaire dans l'Ouest. Ce poste de commandement joue un rôle de coordination dans une zone rurale stratégique, à la jonction de plusieurs territoires occupés. Il permet d’organiser les liaisons entre les différents groupes, de centraliser des informations et de préparer des actions dans un environnement propice à la clandestinité.
Début 1943, le groupement Touraine–Anjou–Maine (TAM) de l’Armée secrète, rattaché à l’Organisation de Résistance de l’Armée, installe son poste de commandement à la ferme du Potireau à Saint-Germain-d'Arcé. Dirigé par le lieutenant-colonel Madelin, ce PC organise et structure les liaisons clandestines de la Résistance en Sarthe.
En 1944, à la suite de plusieurs arrestations successives dans le département, la Gestapo porte un coup sévère aux réseaux de résistance locaux. Ces opérations de répression entraînent le démantèlement progressif de plusieurs cellules actives et fragilisent fortement l’organisation clandestine. Cette rafle porte un coup décisif à l’Armée secrète dans la Sarthe, entraînant la désorganisation du réseau TAM. Deux jours plus tard, le 17 juin 1944, le poste de commandement est incendié par les Allemands, marquant la destruction définitive de cette implantation clandestine dans le secteur.
Le 15 juin 1944, à Saint-Germain-d'Arcé, les forces allemandes organisent une souricière à la ferme du Potireau, qui abrite le poste de commandement de l’Armée Secrète du groupement Touraine–Anjou–Maine (TAM), rattaché à l’Organisation de Résistance de l’Armée. L’opération, menée par la Gestapo avec la Wehrmacht et des collaborateurs, aboutit à l’arrestation de plusieurs responsables de la Résistance, dont le lieutenant-colonel Madelin.