Saint-Calais sous l'Occupation 1940-1944


Située à l’est du Mans, sur l’axe reliant Le Mans à Orléans, et à proximité immédiate du département du Loir-et-Cher, Saint-Calais occupe une position géographique stratégique à l’extrémité orientale de la Sarthe. Proche de communes comme Coudrecieux et Cogners, cette ancienne sous-préfecture conserve, malgré la suppression de son arrondissement en 1926, une certaine importance administrative locale. Entre 1940 et 1944, durant l’Occupation allemande, la ville continue en effet de jouer un rôle dans l’organisation du territoire. Comme ailleurs, la présence des troupes d’occupation marque le quotidien des habitants, entre contraintes, réquisitions et surveillance. Dans ce contexte, des formes de résistance s’organisent progressivement dans le secteur, témoignant de l’engagement de certains habitants face à l’occupant.

1943 : l’Armée secrète s’affirme à Saint-Calais

Au cours de l’année 1943, la présence de la Résistance se renforce dans le secteur de Saint-Calais. Dans un contexte marqué par l’instauration du Service du travail obligatoire (STO) et l’intensification des contrôles allemands, certains habitants choisissent de s’engager ou d’apporter une aide discrète aux réseaux clandestins. Dans la région, ces groupes s’inscrivent notamment dans le cadre de l’Armée secrète, structure militaire de la Résistance intérieure, rattachée à l’Organisation civile et militaire (OCM). Les résistants participent à diverses actions : diffusion de tracts, collecte de renseignements, aide aux réfractaires ou encore mise en place de liaisons avec d’autres secteurs du département. Ils prennent également part à des opérations plus directes, comme le sabotage de lignes téléphoniques dans les secteurs de Vendôme et de Montoire, visant à perturber les communications allemandes. Le transport et la dissimulation d’armes constituent aussi une part essentielle de leur activité, en préparation d’actions futures. La campagne environnante, faite de bois et de chemins isolés, offre des conditions favorables pour dissimuler les activités clandestines et échapper à la surveillance. 

Lucette Jaroussat

Lucette Jaroussat, résistante active dans le secteur de Saint-Calais dès 1943, s’engage dans la lutte contre l’Occupation en fabriquant de faux papiers pour aider les jeunes à échapper au STO et en assurant des missions de liaison entre groupes du Loir-et-Cher. En 1944, elle participe à la protection de son réseau en alertant des maquisards menacés, avant de rejoindre les FFI. 

"Lucette Jaroussat, résistante et membre des FFI, saint-calais".
Lucette Jaroussat, résistante et membre des FFI