Bonnétable sous l'Occupation 1940-1944


Située au nord-est de la Sarthe, à proximité des axes reliant Le Mans, préfecture du département, à La Ferté-Bernard, la grande ville à l'extrême nord du département, sur l'axe ferroviaire Le Mans-Paris, la commune de Bonnétable traverse les années de la Seconde Guerre mondiale dans un territoire rural marqué par l’Occupation allemande. Entre 1940 et 1944, la population fait face à l’arrivée de réfugiés, aux restrictions, à la présence militaire et au contrôle du régime de Vichy. Le village est également un lieu de refuge pour des familles juives cachées, protégées par des habitants engagés. Certains d’entre eux seront reconnus après-guerre comme Justes parmi les Nations, illustrant les actes de solidarité et de courage jusqu’à la Libération en 1944.

1940 : l'exode, l'invasion et l'occupation de Bonnétable

En 1940, la commune de Bonnétable entre dans la période de l’Occupation à la suite de la défaite française. L’exode des populations, les bombardements et l’arrivée des troupes allemandes marquent une rupture brutale. De nombreux réfugiés affluent, tandis que certaines familles, notamment juives, cherchent à se cacher et sont parfois protégées par des habitants engagés. La vie quotidienne bascule : l’installation des forces ennemies et la mise en place du régime de Vichy transforment rapidement l’organisation locale et les conditions de vie des habitants.

Une réfugiée dans la commune

Bertha Bella Israel, réfugiée à Bonnétable en 1939, fut jugée indésirable par la mairie avant d'être internée puis déportée à Auschwitz en 1942, où elle mourut à 32 ans.

"Réfugiée juive allemande à Bonnétable, 1939-1940, morte en déportation"
Bertha Bella Israel, réfugiée juive allemande, 1939-1940

des Justes parmi les Nations dans la commune

L'action d'Albert et Germaine Guilmin, Gabrielle Morin et Georges Bugleau : un groupe de bonnétablien exemplaire ayant protégé des réfugiés et des Juifs durant toute l'Occupation.

"Fiche sur Albert et Germaine Guilmin, justes parmi les nations Bonnétable, 1940"
Albert et Germaine GUILMIN, Justes parmi les Nations à Bonnétable

1942 : rafles et durcissement à Bonnétable

En 1942, la situation se durcit à Bonnétable. Le renforcement des contrôles, les restrictions, les réquisitions et les arrestations rythment désormais la vie quotidienne. Cette période est marquée par une intensification de la répression et des persécutions menées sous l’Occupation allemande et le régime de Vichy. En Sarthe, des rafles de familles juives ont lieu, entraînant leur déportation vers les camps. 

Une Juste parmi les Nations dans la commune

Au cœur d'un réseau de sauvetage bonnétablien avec les époux Guilmin, Gabrielle Morin a caché des enfants juifs dans son pensionnat  pour les sauver de la déportation.

"Fiche sur Gabrielle Morin, Juste parmi les Nations, Bonnétable, 1942"
Gabrielle MORIN Juste parmi les Nations à Bonnétable

Le curé du bourg au service des clandestins

Sous l'Occupation, le Chanoine Bugleau a protégé des enfants juifs à Bonnétable, travaillant avec Gabrielle Morin et les époux Guilmin pour leur offrir des refuges sûrs.

"Fiche sur le chamoine Bugleau, curé de Bonnétable, sauvetage de Juifs"
Le Chanoine Georges Bugleau : un curé au service de la vie pendant l’Occupation