Le Lude est une commune du sud de la Sarthe, située dans la vallée du Loir, à la frontière du Maine angevin et de la Touraine. Petite ville dominée par son château, Le Lude occupe une position de carrefour local sur les axes reliant Le Mans à La Flèche et à Tours. Elle dispose également d’une gare, ce qui renforce son rôle de point de circulation dans le sud du département. Après la défaite de juin 1940, Le Lude entre dans la France occupée. La présence allemande s’y traduit par l’installation d’une kommandantur, des réquisitions et un contrôle étroit de la population. La commune conserve une activité administrative et commerciale, mais sous surveillance constante. Le secteur est également traversé par des itinéraires secondaires menant vers Vaas, en passant par Aubigné-Racan et son camp, utilisé durant l'Occupation comme camp de stockage. Ces axes voient circuler troupes et convois allemands, renforçant l’importance stratégique locale du réseau routier et ferroviaire jusqu’à la Libération.
En 1940, après la défaite française, Le Lude entre dans la France occupée. La commune, située dans la vallée du Loir, conserve son rôle de petite ville de services, mais elle est désormais placée sous contrôle allemand. L’Occupation se met en place progressivement avec l’installation d’une kommandantur, des réquisitions de logements, de véhicules et de denrées, ainsi qu’un encadrement strict de la population. Les habitants doivent composer avec les restrictions alimentaires, les cartes de rationnement et la présence régulière de soldats allemands dans les rues et les bâtiments publics.
En 1942, la situation se durcit au Lude, comme dans l’ensemble de la Sarthe occupée. L’Occupation devient plus répressive, avec le renforcement du contrôle allemand et l’application de mesures visant les populations considérées comme indésirables par le régime nazi et l’État français de Vichy. Des familles juives réfugiées, installées dans le secteur après avoir fui d’autres régions, sont arrêtées lors de rafles ou de contrôles. Ces personnes sont ensuite transférées vers des centres de regroupement, puis vers les camps d’internement et de déportation. Ces événements s’inscrivent dans la politique de persécution et de déportation menée en France occupée à partir de 1942.
En 1943, la situation s’aggrave dans la région du Lude, comme dans le reste de la Sarthe occupée. La mise en place du Service du travail obligatoire (STO) provoque un fort mécontentement et des formes de résistance dans la jeune population. Une importante manifestation contre le STO est organisée localement. Elle traduit le refus de nombreux jeunes d’être envoyés travailler en Allemagne. À la suite de ces événements et des contrôles qui suivent, plusieurs arrestations ont lieu. Des jeunes du Lude ainsi que des communes voisines, notamment Luché-Pringé et Thorée-les-Pins, sont arrêtés puis déportés. Certains ne reviendront pas. La même année, la guerre se fait aussi plus visible dans le ciel. Les premières missions de reconnaissance aérienne alliées survolent la zone du Lude, dans le cadre de la préparation des opérations militaires à venir.
Le 6 mars 1943 au Lude, une centaine de jeunes manifestent contre le STO et la collaboration ; 13 participants sont arrêtés par la Gestapo, 7 mourront en déportation.
Pendant l'été 1944, la situation s’intensifie autour du Lude, dans le contexte général de la Libération de la Sarthe. La répression allemande reste forte face à l’activité de la Résistance locale. Deux membres des Forces françaises de l’intérieur (FFI) sont arrêtés puis exécutés, illustrant la violence des derniers mois de l’Occupation. Dans le même temps, les missions de reconnaissance aérienne alliées se multiplient au-dessus du secteur. Ces survols témoignent de la préparation des opérations militaires et du rôle stratégique des axes de communication dans la région. La Résistance mène également des actions de sabotage visant à ralentir les mouvements allemands. Le réseau ferroviaire est touché par une opération de destruction de la gare du Lude. L’explosion provoque d’importants dégâts sur les installations, mais aussi sur plusieurs habitations situées à proximité.