Située à l’est du Mans et directement limitrophe de la ville, Yvré-l'Évêque occupe une position particulière pendant la Seconde Guerre mondiale. Son intégration dans l’aire mancelle place la commune à proximité immédiate d’un centre urbain important pour l’administration et les déplacements des troupes allemandes, ce qui représente à la fois un intérêt stratégique pour l’occupant et des contraintes pour la population locale. Limitrophe de Champagné et du Camp d'Auvours, important site militaire utilisé pendant le conflit, la commune se trouve également au croisement de deux grands axes de circulation : la route nationale 23 reliant Paris à Nantes, et l’axe Le Mans–Orléans par Saint-Calais. Cette situation géographique en fait un espace de passage, de surveillance et de contrôle durant toute la période de l’Occupation. Comme de nombreuses communes proches du Mans, Yvré-l’Évêque voit ainsi son quotidien marqué par la présence allemande, les réquisitions, les restrictions et l’importance stratégique des voies de communication jusqu’à la Libération en 1944.
Le 12 juin 1944, quelques jours après le Débarquement de Normandie, Yvré-l'Évêque est le théâtre d’un épisode marquant de la Libération. Ce jour-là, un Spitfire de la Royal Air Force, piloté par le lieutenant canadien Vincent Kenneth Moody, survole la commune en laissant derrière lui une épaisse fumée noire. Engagé dans une mission visant l’aérodrome allemand du Mans, son appareil est touché au cours de l’attaque, probablement par la défense antiaérienne allemande. Malgré les dégâts, le jeune pilote parvient à éloigner son avion du bourg afin d’éviter des victimes parmi les habitants.