La Ferté-Bernard sous l'Occupation 1940-1944


Située à l’extrême nord-est de la Sarthe, à la limite de l’Eure-et-Loir, La Ferté-Bernard occupe une position stratégique sur l’axe Paris–Le Mans (RN 23) et constitue un véritable verrou routier vers la capitale, surnommée la « Venise de l’Ouest » en raison de ses canaux et de son centre ancien ; ville importante du département, elle est bombardée dès juin 1940 lors de l’offensive allemande, puis joue un rôle clé en août 1944 dans la progression des forces alliées vers Paris et Chartres, avec l’avance des unités de la 80e division d’infanterie américaine et d’éléments de la 5e division blindée, tandis que la population est marquée par des actes de solidarité, notamment deux familles fertoises reconnues Justes parmi les Nations pour avoir caché deux fillettes juives durant l’Occupation.

1940 : bombardements et entrée dans la guerre

Exode, bombardements et entrée des troupes allemandes dans la Sarthe. La vie quotidienne de la Ferté Bernard bascule brutalement sous l’Occupation.

Bombardements allemands sur la ville, le 15 juin

En juin 1940, La Ferté-Bernard subit des bombardements allemands, causant 11 morts et 150 maisons endommagées, dans la terreur et la désorganisation civile.

"Bombardements allemands, Ferté-Bernard, 15 juin 1940".
Bombardements allemands sur la ville, le 15 juin 1940

Porte pendant l'Occupation

Porte de la Ferté-Bernard pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg
Porte de la Ferté-Bernard pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg

1941 : l'Ordre nouveau s'installe

La présence allemande dans la Ferté Bernard s’organise, la répression commence. Les premières formes de résistance locale apparaissent timidement.

Place Carnot sous l'Occupation

Place Sadi Carnot pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg
Place Sadi Carnot pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg

1942 : rafles et durcissement

Restrictions, réquisitions et arrestations rythment la vie quotidienne des Fertois. Cette année voit les rafles de familles juives résidant dans la ville déportées vers les camps. La dureté du régime de Vichy et de l’occupant s’impose au quotidien.

Notre Dame des Marais

Notre Dame des Marais pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg
Notre Dame des Marais pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg

1943 : travail forcé et réseaux clandestins

L’année est marquée par le STO, les réquisitions de jeunes Fertois envoyés en Allemagne, mais aussi par la montée en puissance des réseaux de Résistance.

Rue Carnot pendant l'Occupation

Rue Carnot pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg
Rue Carnot pendant l'Occupation, 1940-1944 - Crédit : Marburg

1944 : avancée alliée et familles protectrices

En 1944, La Ferté-Bernard se situe sur l’axe de progression des forces alliées vers Paris et Chartres, avec l’arrivée des unités américaines dans le secteur lors de la libération. Dans ce contexte encore marqué par la guerre et les déplacements de troupes, deux familles fertoises cachent deux fillettes juives, un acte de protection qui sera plus tard reconnu par le titre de Justes parmi les Nations.

Docteur William et Germaine DEWING

À La Ferté-Bernard, les Dewing cachent les deux filles juives Haas, leur offrant refuge et protection jusqu’au retour miraculeux de leur mère en 1945.

"William Germaine Dewing, Justes parmi les Nations, la Ferté-Bernard, Sarthe, 1944".
Justes parmi les Nations : Docteur William et Germaine DEWING

La famille Fourré

En 1944, les familles Fourré et Dewing cachent les deux filles juives Haas à La Ferté-Bernard, leur sauvant la vie jusqu’au retour de leur mère rescapée d’Auschwitz.

"Famille Fourré, justes parmi les nations, la Ferté Bernard, 1944".
La famille Fourré, Justes parmi les Nations