Située à l’extrémité sud-ouest de la Sarthe, la ville de La Flèche, sous-préfecture du département, occupe une position stratégique entre Le Mans et Angers, à proximité de Clermont-Créans et de Bazouges-sur-le-Loir. Traversée par le Loir et dotée de plusieurs ponts, elle constitue un important carrefour routier et ferroviaire contrôlant les axes vers Sablé, Saumur et Le Mans. Dès juin 1940, la présence allemande s’y installe durablement, notamment avec l’occupation du Prytanée national militaire, transformé en casernement et centre de commandement. La ville joue alors un rôle clé dans les déplacements de troupes et de matériel. Parallèlement, une Résistance active s’organise dès 1941, menant des actions de renseignement et de sabotage. En 1944, La Flèche devient un objectif pour l’aviation alliée, qui bombarde notamment la gare afin de perturber les renforts allemands. La ville est finalement libérée le 10 août 1944.
Dès la fin du mois de mai 1940, la vie quotidienne des habitants de La Flèche est bouleversée par la mise en place des premières mesures de restriction, avec l’instauration des cartes de ravitaillement à partir du 27 mai, puis celle du sucre le 1er juin. Dans le même temps, la commune est traversée par d’importants flux de réfugiés lors de l’exode, sa situation de carrefour entre Le Mans et Angers en faisant un point de passage majeur. Le 15 juin 1940 marque une journée importante : les élèves du Prytanée national militaire sont évacués par train en direction du Puy-de-Dôme, tandis que les Fléchois voient passer des troupes britanniques en repli, venues notamment de Mulsanne et se dirigeant vers Angers. À partir de juin 1940, la ville est occupée par les troupes allemandes en raison de sa position stratégique. Le Prytanée national militaire est rapidement réquisitionné et transformé en casernement ainsi qu’en centre de commandement. Carrefour routier et ferroviaire, la commune devient alors un point clé pour le transit des troupes et du matériel vers le sud-ouest du département.
19 juin 1940 : La Flèche occupée. Kommandantur à la mairie, drapeau nazi sur l’hôtel de ville. Photo rare témoignant de la vie sous l’Occupation.
Été 1940 : l’Organisation Todt s’installe rue Saint-Jacques à La Flèche. Bureau stratégique pour les chantiers allemands, dans une ville sous forte militarisation.
Juin 1940 : le Prytanée militaire est réquisitionné par l’armée allemande et transformé en caserne, baptisé « Barbara Kaserne » sous l’Occupation.
René Buquin, maire de La Flèche (1912-1944), médecin et sénateur, est révoqué à la Libération et condamné pour son attitude sous Vichy.
En 1941, la ville de La Flèche voit la présence de nombreux prisonniers français issus des troupes coloniales, capturés après la défaite de 1940 lors de la Bataille de France. Encadrés par l’armée allemande, ces hommes sont répartis en « kommandos agricoles » et employés dans les exploitations de la région. Leur travail participe au maintien de la production agricole sous l’Occupation, dans un contexte de pénurie et de réquisitions.
En 1942, la situation se durcit à La Flèche. Dans le contexte des grandes rafles organisées en Sarthe occupée, plusieurs familles juives sont arrêtées puis déportées, dans le cadre de la politique menée par l’occupant allemand avec la collaboration du régime de Vichy. Dans le même temps, certains habitants s’engagent dans des organisations favorables à l’Allemagne, comme la Légion des volontaires français contre le bolchevisme. Cela montre les divisions de la société pendant l’Occupation, entre collaboration, prudence et premières formes de résistance.
En 1944, la situation bascule à La Flèche avec l’intensification des actions de la Résistance. Des opérations de sabotage touchent notamment les voies ferrées, afin de perturber les mouvements de troupes allemandes. Dans le même temps, la gare est bombardée par l’aviation alliée pour couper les lignes de ravitaillement et de renfort. Ces actions fragilisent progressivement le dispositif allemand et préparent la libération de la ville, qui intervient le 10 août 1944.
8 juin 1944, un P-51 Mustang américain s’écrase lors d’un bombardement de la gare. Le pilote est capturé puis aidé par des résistants avant de s’évader en août.
10 août 1944 : les troupes américaines entrent à La Flèche. Accueil enthousiaste des habitants, marquant la Libération et la fin de l’Occupation allemande.
Nuit du 7 au 8 août 1944 : deux cheminots sabotent une voie près de La Flèche. Déraillement d’un train SS en route vers la Normandie, retardant les renforts allemands.
Paul Favre, FFI et professeur au Prytanée de La Flèche, est tué le 11 août 1944. Hommage solennel le 14 août, en pleine Libération de la ville.